CiTique : la science participative face aux tiques

Les réseaux associatifs engagés dans le 3ème Plan régional santé environnement

 

Dès les premières phases de son élaboration fin 2016, les réseaux associatifs d’éducation à la nature et à l’environnement du Grand Est – Ariena, Graine Champagne-Ardenne et Lor’een – se sont engagés dans le 3ème Plan Régional Santé Environnement (PRSE), aux côtés des trois IREPS du Grand Est (Les Instances Régionales d’Éducation et de Promotion de la Santé), acteurs incontournables de la promotion de la santé, pour une coopération fructueuse et durable au bénéfice de l’environnement et de la santé de tous.

 

Parmi les nombreux enjeux de santé-environnement mis en lumière dans le cadre du 3ème PRSE, on peut citer le renforcement des réseaux de surveillance des espèces invasives nuisibles à la santé, dont la tique, potentiellement porteuse de la maladie de Lyme, très présente dans le Grand Est.

 

Dans cette optique, l’Ariena organisera début 2019, en partenariat avec le CPIE Nancy-Champenoux et ses nombreux partenaires scientifiques du projet CiTique, une formation pour diffuser la connaissance et les bonnes pratiques en la matière auprès des animateurs du réseau Ariena.

Ci… Tique : Qu’est-ce ?

 

CiTique est un projet de recherche scientifique sur les questions de santé liées aux tiques. C’est aussi un projet citoyen car le programme s’appuie sur la participation des citoyennes et citoyens pour collecter des données. En d’autres termes, c’est un projet de sciences participatives.

 

Le fonctionnement est simple : vous retirez une tique de votre peau, vous l’envoyez à des chercheuses et chercheurs, ils l’analysent et complètent leur « tiquothèque ». En parallèle, en signalant la piqûre, vous bénéficiez d’un suivi post piqûre.

Ces recherches servent à compléter les connaissances sur les tiques, sur les maladies qu’elles peuvent transporter et transmettre, mais aussi sur leur localisation et leur type d’habitat. C’est donc aussi un moyen de prévention pour mesurer les migrations des tiques et, avec elles, celles des maladies.

 

 

 

La vidéo ci-dessous vous présente la démarche à suivre en cas de morsure de tique et celles à suivre si vous voulez participer au projet. Vous reconnaitrez surement la signature artistique des dessins, c’est celle du dessinateur de l’Ariena, Cyril Leroy !

 

 

 

Pour celles et ceux qui n’auraient pas pris le temps de regarder la vidéo, nous vous proposons ici un récapitulatif de la procédure à suivre pour participer au projet CiTique :

 

1 – J’ai une tique, prélevée après morsure ou non. Les gestes à avoir dans le cas d’une morsure sont expliqués dans la vidéo ci-dessus (« dévisser » la tique avec un tire-tique disponible en pharmacie, désinfection, etc.).

 

2Je signale la tique. Vous avez le choix entre trois méthodes, du plus simple et rapide au plus compliqué :

Sur portable, android ou iPhone : C’est rapidement téléchargé, vous recevez des notifications pour les gestes à suivre après une piqûre, et cela vous permet d’en apprendre plus sur les tiques.

Sur le site : Il vous faut créer un compte.

Par formulaire papier : Il vous faut du papier, une imprimante, une enveloppe et un timbre… Cependant l’avantage est que vous pouvez signaler la tique en même temps que vous l’envoyer au centre de recherche.

 

3Je scotche la tique sur un papier absorbant (essuie-tout, mouchoir, papier toilette), en y indiquant mon nom, mon email, et la date de mon signalement.

 

4J’envoie ma tique à l’adresse suivante :

 

Projet CITIQUE

Laboratoire Tous Chercheurs

Centre INRA Grand-Est Nancy

Rue d’Amance

54280 CHAMPENOUX

 

5 – Terminé !

 

Les signalements ont déjà permis d’établir une carte qui donne une idée des régions les plus touchées. Mais les signalements par départements atteignent la centaine maximum, nous pouvons faire mieux ! Plus de tiques seront signalées et envoyées, plus la carte sera fiable !

 

« Ci-dessous, carte du nombre de piqûres de tiques sur l’Homme recensées par département entre le 17 juillet 2017 et le 18 mai 2018 via signalement tique » URL : https://www.citique.fr/carte/ consulté le 09/07/18

 

Et bientôt, un kit de collecte sera disponible !

 

Réduire la propagation de maladies comme celle de Lyme

Un tel projet est une occasion ludique et peu coûteuse pour faire avancer la recherche. Non seulement en y participant vous aidez la recherche mais aussi vous même, en recevant des infos nécessaires aux soins concernant les morsures, et à moyen terme vous protégez les générations futures. En effet, plus les chercheurs auront de données sur les tiques, plus leurs analyses seront pertinentes pour trouver des solutions. Enfin, comprendre et analyser les migrations des tiques et les lieux les plus touchés par une maladie ou une autre, etc. permet une meilleure prévention.

 

Cette prévention permet de lutter contre des maladies comme la maladie de Lyme. Elle est la plus connue et la plus concernée par cette recherche. Encore marginalement observée il y a une dizaine d’année, la maladie de Lyme est désormais reconnue comme présente sur le territoire français et bien à risque. Et le meilleur moyen de lutter contre cette maladie est la prévention. Cette dernière permet de connaître les moyens de se prémunir au mieux d’une morsure de tique, de savoir comment agir face à une morsure et enfin de savoir s’il est nécessaire de passer des tests pour détecter la maladie de Lyme ou non. Le projet CiTique participe pleinement à cette logique.

 

La biodiversité comme alliée

 

Pour les amoureux de la nature c’est aussi une belle manière de mettre en valeur la nécessité de la biodiversité. En effet, la densité de population de tiques est fortement liée au milieu dans lequel elles évoluent. Par exemple, il a été prouvé que là ou il y a des renards, les tiques ont plus de mal à se développer que là ou il n’y en a pas. Cela s’explique par le fait que les tiques s’attaquent prioritairement aux hôtes qui leur sont les plus accessibles : les rongeurs. Ces derniers évoluent dans les hautes herbes, ils sont au ras du sol, ce qui font d’eux d’excellentes cibles pour les tiques. En plus d’être des cibles de choix, les rongeurs sont particulièrement touchés par les maladies transmissibles à l’Homme via la tique. Or, là où il y a des renards, les rongeurs se font plus discrets, ils sortent moins de leur nid pour éviter de croiser les prédateurs roux. Nous pouvons remercier notre voisin le renard !

 

Informations utiles :

Site CiTIQUE

Page Twitter du projet CiTIQUE

Application « Signalement tique » : Android ou iOS

Site du Ministère des solidarités et de la santé sur la maladie de Lyme

Plaquette du Plan Régional Santé Environnement 3 Grand Est